jeudi 20 août 2009

Moka

Une petite lecture de laquelle je n'attendais pas grand chose et qui s'est révélée intéressante ! Vous connaissez peut-être l'auteur, Tatiana de Rosnay, qui a écrit le best-seller Elle s'appelait Sarah. Je ne l'ai pas lu, à l'occasion peut-être, parce que j'ai bien aimé son style, sa manière de raconter une histoire.

Cette histoire, c'est celle de Justin Wright, qui mène une vie tranquille jusqu'au jour où Malcolm, son fils de treize ans, est renversé par une voiture en revenant de son cours de musique. Il tombe dans le coma, et Justine n'a bientôt plus qu'une obsession : retrouver le chauffard, qui ne s'est pas arrêté. Comment, se demande-t-elle, a-t-il pu partir en laissant un enfant derrière lui, sans penser aux conséquences ? La vie de Justine, son équilibre, est suspendue à un fil, comme celle de son fils.

Tatiana de Rosnay a une écriture simple mais puissante, qui retranscrit particulièrement bien les émotions de Justine, qui voit sa vie chamboulée du jour au lendemain. Une lecture rapide mais qui vaut le coup, je pense.

dimanche 16 août 2009

Ne te retourne pas

Si mon précédent message commençait avec un enthousiaste "coup de coeur !", ce ne sera pas le cas de celui-ci. Ce serait plutôt "déception !". Quoique, non, puisque que je n'attendais pas grand chose de ce livre non plus. Je l'ai trouvé chez ma grand-mère, alors que je ne savais pas quoi lire. Un petit thriller, pourquoi pas, sauf que celui-ci ne m'a pas vraiment plu.

Walker a 19 ans, il a été abandonné sur une route à l'âge de trois ans, et cherche depuis à savoir qui sont ses parents, et surtout pourquoi cet abandon. Décidé à trouver des réponses, il part à Toronto, après avoir retrouvé une lettre d'une amie de sa mère, qui constitue sa première piste.

Je ne sais pas vraiment pourquoi ça n'a "pas pris", si c'est plus l'histoire ou le style qui m'a déplu. Les deux je pense. Est-ce encore une fois la faute de la traduction ? Peut-être. Mais sûrement pas entièrement. Et le résumé est trompeur : "ne te retourne pas" est censé être la phrase prononcée par sa mère au moment de l'abandon de Walker, or elle n'est pas prononcée une seule fois dans le livre... Cherchez l'erreur.

Ne te retourne pas [Midnight cab], James W. Nichol [traduit de l'américain par Mathilde Martin] (1988)

vendredi 7 août 2009

Notes on a scandal

Attention, coup de coeur !

Vous avez peut-être vu (le très bon) film de Richard Eyre, avec Cate Blanchett et Judi Dench, Chronique d'un scandale ?

Le livre de Zoë Heller l'a inspiré.

Sheba Hart, la quarantaine, est le nouveau professeur de poterie d'un lycée de Londres. Jolie blonde pleine d'enthousiasme - et d'illusions - pour son métier, elle ne laisse personne indifférent. Surtout pas Barbara, professeur d'histoire, qui écrit ces Notes, ni Steven Connelly, élève doué en dessin qui vient souvent la voir après les cours. Mais rien n'est simple...
Très bien écrit, avec des personnages soignés et complexes, ce livre m'a énormément plu. La personnalité de Barbara se révèle au fur et à mesure de la progression de l'histoire, racontée sur le mode du retour en arrière, depuis les faits jusqu'à maintenant.

Notes on a scandal, Zoë Heller (2003)

mardi 4 août 2009

Waiting Period

C'est Le Démon que je voulais lire, mais c'est Waiting Period qui restait sur l'étagère de la bibliothèque. Un coup d'oeil au résumé m'a convaincue de l'emprunter.

C'est le long monologue d'un homme qui n'arrive pas à mourir. Il prévoit de se suicider, mais un problème technique chez l'armurier l'oblige à patienter quelques jours avant d'avoir son arme. Durant cette waiting period, il va reconsidérer son objectif : après tout, pourquoi devrait-il mourir, lui, quand d'autres méritent cette mort ?

Un style très particulier, oral mais pas seulement - c'est un flux de pensées continu, livre cette histoire. Spécial.

dimanche 21 juin 2009

La Reine Margot

Je n'ai rien posté depuis très longtemps, parce que j'ai mis très longtemps à finir La Reine Margot ! Entre mes répétitions puis mes représentations de théâtre, la fin de l'année scolaire (ça y est, je suis en vacances !), et autres évènements, je n'avais plus beaucoup de temps. Mais voilà, je peux enfin bloguer à nouveau :)

La Reine Margot, donc, de Dumas (père). Il y a quelques années j'avais lu Pauline, du même auteur, et j'avais beaucoup aimé. Celui-ci, j'avais envie de le lire depuis longtemps, jusqu'au jour où cette envie s'est transformée en besoin impérieux, et où je me suis alors précipitée hors du CDI où je faisais semblant de travailler, directement chez Gibert. Il y a des livres comme ça, vous savez que vous allez les aimer avant même de les ouvrir (ou ça ne fait ça qu'à moi ?). C'était le cas ici.
Paris au temps de la Saint Barthélémy, des amours, des combats, de la torture, des morts... Tous les ingrédients du romanesque sont réunis ici, portés par la prose détaillée de Dumas. C'est très agréable à lire, vraiment.
Et aujourd'hui, je regarde le film !

La Reine Margot, Alexandre Dumas (1845)

dimanche 26 avril 2009

Le Pigeon

Une fois que j'ai eu fini Le Parfum, j'ai eu envie de lire autre chose de Süskind, parce que j'ai eu l'impression de rester sur ma faim. Le problème c'est que Le Pigeon aussi m'a laissé ce sentiment d'inachevé. Il faut vraiment que je lise cet auteur en allemand.

L'histoire est celle d'un homme d'une cinquantaine d'année, employé de sécurité d'une banque, un homme sans histoire, qui veut vivre sa vie de la manière la moins remarquable possible : la routine, métro-boulot-dodo, c'est ce qu'il cherche, et le moindre évènement lui est douloureux. Le jour où, en partant au travail, il trouve un pigeon derrière la porte d'entrée de son appartement, tout son univers se trouve chamboulé.

Jusqu'à quel point ? C'est là que le bât blesse, si je puis dire. Sans en dévoiler trop, je dirai juste que, pour moi, ça ne va pas assez loin. Le roman, très court, aurait pu devenir vraiment oppressant, et il le devient un peu, mais juste un peu.. C'est dommage !

Le Pigeon [Die Taube], Patrick Süskind [traduit de l'allemand par Bernard Lortholary] (1987)

mercredi 22 avril 2009

Tristes revanches


Je peux maintenant dire sans hésitation aucune que Yokô Ogawa est un de mes auteurs préférés. J'aime sa plume, j'aime ses histoires étranges, parfois presque dérangeantes, son ton distant qui fait pourtant parfaitement résonner chaque mot. D'elle, j'avais déjà lu quelques nouvelles, dont une qui m'avait particulièrement enthousiasmée : Les Abeilles.

Cette fois-ci, il s'agit d'un recueil au titre énigmatique, Tristes revanches, composé d'un certain nombre de nouvelles dans le plus pur ton de l'auteur. Sa particularité ? Dans chacune de ces nouvelles, un élément en rappelle une autre... Un jeu de miroir parfois très subtil qui m'a vraiment beaucoup plu. Si je devais donner un conseil, je dirais qu'il est plus judicieux de lire ces nouvelles sans faire de trop grande pause entre chaque, au risque d'oublier ce qui semble de petits détails mais qui seront rappelés plus tard, et donc de passer à côté de ce jeu très maîtrisé.
Une excellente lecture, donc :)

Tristes revanches, Yokô Ogawa [traduit du japonais par Rose-Marie Makino-Fayolle] - Babel